samedi 31 juillet 2010

Comment utiliser les transports en commun porteños: le guide de survie


(photo Marlène, un colectivo Speedy Gonzalez)

Une des premières leçons que nous aurons retenue en arrivant à Buenos Aires est la suivante: "ne jamais se fier aux distances en regardant une carte de Buenos Aires". Vous savez, quand il n'y a que deux petits centimètres qui séparent un point d'un autre sur une carte et que vous vous dites "allez, je ferais bien cela à pieds". Ici, NON! La notion de "je suis juste à côté de" n'est valable que si vous parlez de quelque chose qui se trouve à maximum 5 cuadras de chez vous tant la ville est énorme (cuadras = patés de maison, puisque la ville est construite en damier).






Pour tout le reste, il faut utiliser un transport motorisé. Ce n'est même pas la peine de penser au vélo, n'en déplaise à Paulette (à qui, de toutes manières, je ne ferai jamais d'infidélités!) tant les gens conduisent comme des fous. Ce serait pure folie de s'aventurer dans les grandes avenues porteñas sauf en étant équipée d'un casque bien solide, de genouillères super solides et même, allez, disons le, d'une armure intégrale. Amis lyonnais, pas de trotinette non plus, mêmes risques! Mon challenge avant mon départ: boboiser Buenos Aires et introduire l'usage de la trotinette chez les habitants du port (j'ai de l'espoir!)




Bien sûr, il y a toujours le métro ( appelé Subté) mais comme je vous le disais, il n'est pas pratique. Il ne dessert que peu de zones. Cependant il faut l'avouer, le trafic est tel à Buenos Aires que si il est possible de faire un trajet en subté au moment d'une heure de pointe, on préferera le métro au bus. Certes, onpassera le voyage littéralement collée à son voisin, mais il n'en reste pas moins que c'est quand même plus rapide et peu onéreux (1,1 peso soit 22 centimes d'euros!).




Bref, c'est bien d'être motorisée : acheter une voiture? Louer une voiture? Ah! Je ris! IMPENSABLE! Ici, tout le monde semble accro aux films américain du style Fast and Furious. Le code de la route n'est valable que si il y a un accrochage en voiture. Sinon, c'est le royaume de la débrouille. Il y a beau y avoir des voies dessinées sur la chaussée, les voitures roulent à toute vitesse entre deux voies, elles déboitent sans crier gare, une fois à droite,une fois à gauche. La règle "je ne double que par la gauche" ne semble pas exister ici. Sans compter que les argentins conduisent à toute vitesse pour ne pas se faire emboutir par derrière (ici, pas de Papi Shumi en pot de yaourt!). Ah, et aussi ils rasent les trottoirs! Piétons, reste bien sur le trottoir, le plus près possible du mur!




Du coup, en parlant de voiture, on peut prendre le taxi. Si tu ne regardes pas de trop près la conduite du chauffeur, ça reste une solution très pratique, très accessible, beaucoup plus que par chez nous: on peut s'en sortir pour une somme allant de 3 à 8 euros selon la distance et le moment de la journée.




Mais surtout, le moyen de locomotion préféré des porteños est le COLECTIVO . Là, je termine en apothéose! Le colectivo, c'est le bus et ici, c'est toute une histoire! C'est le moyen de transport en commun qui dessert le mieux les différents endroits de la ville, si bien que l'on est obligé de le prendre, à un moment ou à un autre. Agnès, tu t'arracherais les cheveux dans cette ville!


Déjà, il faut savoir qu'il n'y a pas une compagnie de bus qui gèrerait l'ensemble des trajets et des bus. NON! Il y a une compagnie indépendante pour chaque trajet. Les bus ont donc tous des couleurs différentes selon la compagnie et parfois c'est plutôt kitsh (un bus à paillettes, dites moi que vous aussi, cela vous fait rêver!). Il existe un guide, la "Guia T", la Bible du Porteño, qui recense toutes les lignes de bus, leurs trajets, leurs numéros, leurs couleurs pour nous permettre d'y voir plus "clair".




Je dis "clair" car ici le trajet du bus n'est pas formalisé par des arrêts nommés ( du style le "Raker" à Vannes, "Jean Macé" à Lyon ou "Galicheraie" à St Nazaire), il s'exprime par les avenues et rues que parcours le bus, en notifiant toutes les intersections que croise le bus quand il change de direction. Il faut donc avoir une idée relativement précise de la géographie de la ville pour savoir où s'arrêter! "Hum...Je dois aller à l'intersection Santa Fe et Araoz, quand je vois l'intersection Santa Fe et Malabia, je me lève, je descendrai au prochain "arret" ". Oui, "arrêt" car ici il n'y a pas beaucoup d'arrêts bien visibles comme par chez nous. Souvent il s'agit d'un piquet avec une ailette qui indique un numéro. Rien de plus.


Quant à leur conduite, c'est...je dirais...sportif! Tu as l'impression que le bus pile devant "l'arrêt" si tu lui as fait signe, après s'être faufilé entre taxis et voitures. Tu montes, et il demarre au quart de tour une fois tout le monde monté. La descente, pareil. Tu sonnes l'arrêt, le chauffeur ouvre la porte pendant qu'il est encore en train de rouler, il s'arrête une demie seconde et hop! Tu sautes! Et oui! comme les lignes sont concurrentes et comme certaines d'entres elles font des troçons de route en commun, il faut aller vite pour ramasser un maximum de personne. Pas de temps à perdre! En circulation, c'est aussi assez sportif. Les routes ne sont pas trop trop mauvaises mais comme les bus roulent à tout berzingue tu as parfois l'impression d'être dans un parc d'attraction à l'interieur du colectivo. Aujourd'hui nous avons pris le bus 93 avec Marlène, je crois bien que nous sommes montées sur le trottoir à un moment donné et Marlène a manqué de s'écraser sur moi à quelques reprises! Même pas besoin d'aller au parc Astérix!


Ce qui est drôle aussi avec l'usage du colectivo, c'est que c'est toi qui dit au chauffeur combien tu paies en fonction du trajet que tu effectues. En général, 1,2 peso si tu ne vas pas loin, 1,25 si tu vas plus loin. Par contre, tu ne paies pas le chauffeur directement, tu mets des pièces dans une machine située derrière le chauffeur! Impossible de payer avec un billet de 2 pesos! Le problème est que la petite monnaie est précieuse ici. Personne ne veut se délester de ses pièces chéries. C'est donc une lutte de tous les jours pour récupérer des petites pièces! Rien à voir avec notre mode de vie français où l'on donne très volontiers nos piecettes jaunes à Bernadette ou à notre boulanger! Léa, une amie du théâtre de l'année dernière me disait que un mois après son retour de Buenos Aires, où elle avait passé un an, elle se surprenait encore à garder jalousement ses pièces!




Fort heureusement pour moi, j'ai trois super guides dans mon apprentissage de la Guia T et dans celui de l'usage du colectivo. Bon, il faut encore que j'améliore la rapidité dans le feuilletage de la Guia T mais ça devrait venir en s'entrainant un peu.




Voilà, je crois en avoir terminé avec les transports porteños, je n'ai pas encore essayé la mongolfière, je vous en dirai de mes nouvelles si un jour je tente l'expérience.




Amis du soir, bonsoir!


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