dimanche 31 octobre 2010

Et le temps file entre nos doigts...

Bonjour, bonjour!


Ce matin, (comprendre, à une heure de l'après-midi) je me suis rendue compte combien j'étais peu assidue quant à la tenue de ce blog.


Je me rattrape aujourd'hui.


Le semestre se termine bientôt, lundi à 20h30 j'aurais rendu mon ultime travail et je serai officieusement en VACANCES! C'est parti pour 4 mois de voyage! Je compte rester un peu à Buenos Aires pour profiter de ma coloc' préférée qui revient du Chili le 3 novembre et de toutes les personnes extraordinaires que j'ai eu l'occasion de rencontrer ici. Et le jeudi 11, c'est parti pour l'aventure! Iguazu, Paraguay/ Uruguay et Porto Alegre, premières étapes. On commence à Iguazu pour les 20 ans de notre Bérénice. Nous y rejoindrons Claire, tout droit venue de Porto Alegre. Je continue le voyage avec Claire au Paraguay ou retourne en Uruguay, cette étape n'est pas encore bien définie et ensuite Brésil, avec Claire . Nous passerons Noel ensemble et le Nouvel An avec notre ami Jacques Chirac dans un endroit qui reste encore à determiner. Noel au soleil, le changement promet d'être radical! Pour ce qui est de janvier et de février, rien n'est pour le moment bien défini.

Ici, tout se déroule pour le mieux. Nous avons emmenagé dans un nouvel appart dans le quartier d'Almagro.





Je vis désormais avec Cor, qui est un ami belge de Katrien. Il fait aussi son master ici, en pleine écriture de son mémoire, écoute toujours de la super musique à la maison et cuisine...MIAM! Katrien, que vous connaissez déjà. Diana, une colombienne amie de Katrien et copine de Cor, aussi étudiante ici en master de cinéma et théâtre, elle tient un cinéclub de films colombien ici. Signe, une amie norvégienne nous rejoindra un peu plus tard. L'appart est tout aussi agréable que l'autre et l'on continue à tisser les amitiés nées de la Casa Araoz. Les murs s'en sont allés mais les gens restent! Je passe finalement beaucoup de temps avec Katrien et ses amis. Ici, c'est comme si tous tes sentiments étaient démultipliés par 5, par 10, par 100. C'est peut-être "l'effet latino", s'il existe. Ici, tisser un lien avec les personnes est infiniment plus naturel que par chez nous, les gens te laissent rentrer dans leurs vies avec une simplicité et une générosité comme je ne l'avais jamais vue. Bref, ici, tout va vite, très vite, trop vite. Cela fait un peu plus de 3 mois que je suis ici et j'ai l'impression d'y avoir vécu 100 ans. Je pense déjà avec appréhension au moment où cette "parenthèse" s'arrêtera, quand il faudra revenir en France. Diana, qui va bientôt quitter Buenos Aires pour retourner dans sa Colombie natal, après 3 ans passés ici me dit que le plus important c'est de savoir emporter avec soi toutes les choses positives que j'aurais vécues ici. Il y en aura, sûrement. Mais pour le moment je me sens mue d'une énergie rarement connue jusqu'à présent. Je ne peux être plus heureuse!

Trêve de sentiments, des FAITS!

Depuis le dernier article, que s'est-il passé?

Nous avons fêté nos trois mois porteños, comme nous nous l'étions promis en arrivant. On se voit finalement peu avec les filles, nous avions donc décidé de nous retrouver, une fois par mois, pour raconter ce qu'il a pu se passer durant le mois passé, avec toujours plus de choses à se raconter tant la vie semble s'accélerer chaque jour un peu plus ici!




Nous avons festoyé dignement pour notre dépendaison de crémaillère...




...et emmenagé vers une autre maison tout aussi accueillante (vous allez me dire que mon année à Buenos Aires a l'air d'être un conte de Bisounours, mais oui! Je vous le jure, il n'y a que du bon!)





Je vous présente donc, Diana!





...Et Cor! (on a fait des crêpes pour inaugurer notre jolie maison)

J'ai eu la grande chance d'être en Argentine le 27 octobre 2010, jour du recensement du bicentenaire de l'indépendance. Le jour était férié pour que les censeurs puissent trouver les habitants dans leurs antres. La jeune fille qui est venue nous interrogée est venue très tôt dans notre immeuble (comprendre, 9h du matin!!) nous avons donc été libre de sortir en fin de journée. La ville était DESERTE et ce n'est pas commun de voir une des plus grandes mégalopoles au monde aussi peu active!



(Corrientes, près de l'Abasto, presque vide, normalement, cet endroit est un lieu en perpétuel mouvement)



(Le censeur d'Almagro)

Ce même jour fut aussi le jour de la mort de Néstor Kirchner, président de l'Argentine entre 2003 et 2007. Leader péroniste des plus aimés, mari de l'actuelle présidente, il se dit de toutes parts que c'était finalement lui qui dirigeait véritablement le pays. Ici, il fut et restera quelqu'un de très populaire: il se dit que c'est sous sa présidence que la grave crise économique de 2001 fut résolu, il a rouvert les procès des dirigeants militaires de la dictature de 1976 (qui avaient été amnistiés sous la présidence de Ménem) et a beaucoup insisté pour que le travail de mémoire puisse enfin se faire, notamment vis-à-vis du thème des desaparecidos, ces jeunes qui furent assasinés durant la dictature car supposément, "subversifs" (tous des communistes!). Au delà de cela, il a mené une politique de gauche: renforcement des liens diplomatiques avec les autres pays latino américains de gauche (Lula, Chávez, Evo Morales), refus de se plier aux règles imposées par le FMI (il est le premier président latino-américain a avoir refusé de payer davantage les intérêts de la dette extérieure), développement de toute une série de subventions pour les composantes de ce qui serait ici le service public, et surtout, augmentation du nombre d'allocations données aux familles les plus humbles. Sa mort a donc créé une grande commotion au sein du peuple argentin. Bien sûr, ce tableau idyllique brossé par beaucoup d'argentins ces derniers jours semblent occulter le fait que l'ancien président est aussi un des milliardaires argentins des plus importants dans un pays où les inégalités restent criantes, qu'il a construit sa fortune grâce aux vagues de libéralisations entreprises par Menem durant les années 90 (les Kirchners sont propriétaires d'une grande partie des entreprises dites stratégiques, pétrole, poste et réseau férroviaire par exemple), et que la corruption semble n'avoir jamais été aussi importante qu'aujourd'hui.

L'ancien président est alors presque sanctifié. Il faut voir la Plaza de Mayo ces derniers jours! On y trouvera une file ENORME d'Argentins, affluant vers la Casa Rosada (le palais présidentiel), afin de rendre un dernier hommage à leur ancien président.



(Vu dans la fac)




(a l'intersection entre 9 de Julio et Avenida de Mayo, où commençait la file)




( une file qui s'étend sur presque un kilomètre, une douzaine de cuadras, entre 9 de julio et l'Avenida de Mayo)




(la file continue devant Catedral)




( Por fin, la Casa Rosada...)




Une amie de Mayra, mon amie argentine, attendait depuis déjà 7 heures, sur l'Avenida de Mayo, jeudi soir, à 21h. Et elle n'était toujours pas rentrée! Cela peut en dire long sur la popularité du Señor. En vérite, pour moi, le péronisme est une curiosité politique. Je regarde, j'en parle, je laisse décanter les choses et promis, une fois que j'aurais un peu mieux cerner le phénomène, je vous en dirais plus! Je note, je note beaucoup de choses et j'attend de comprendre un peu mieux.




A l'heure où j'écris, je viens de terminer mes examens (si je ne vais pas aux rattrapages!). Les vacances arrivent donc à grands pas!



Je voulais finir cet article en souhaitant un très très bon anniversaire à notre Mimi nationale en ce 2 Novembre. Je pense bien à toi, jolie!

Je vous embrasse!

mercredi 6 octobre 2010

¡ Che boludo !

Salut tout le monde!

Je me rend compte que cela fait désormais un petit moment que je n'ai pas écrit ici après avoir échangé quelques mail avec Emilie, la fille d'amis d'amis...bref, vous saisissez, qui va venir en Argentine incessament sous peu.

Ne plus écrire, c'est aussi parce que doucement on s'accoutume a la ville, on s'y sent chez soi, on y a nos activités, nos fêtes, nos cours, nos rendez-vous. Une joyeuse routine (mais tout de même différente de celle que l'on a en France!). Je ne me sens plus toute petite dans cette grande ville à mesure que je la parcours. Chaque nouveaux colectivo emprunté, chaque nouveau quartiers découvert me donne la sensation d'être ici chez moi. Et oui! La petite française paumée qui visitait les appart' toute seule en cherchant à n'utiliser que le Subté pour passer d'une visite à l'autre n'est plus! Je me surprend désormais à dire des "Che" au début, au milieu, a la fin de mes phrases, je me surprend a chochoter comme le font les argentins, je me surprend à avoir mes petits raccourcis dans le labyrinthe des calles porteñas ( prononcées "caches", on est bien d'accord!) je me surprend à courir sur la rue (oui oui vous avez bien lu!) devant un colectivo arrêté pour qu'il m'attende. Lorène et Louise, ceci est une adaptation porteña de vos courses folles devant le tram passant devant le Palais Viennois! Désormais, c'est aussi à moi de donner mes premiers conseils sur où aller, comment y aller, que faire et ne pas faire. Notamment avec Carlos, le nouveau nord américain qui vit à la maison.


Bref, mis à part ce détail, je me sens bien. J'aime toujours autant le castillan, que je tâche d'apprivoiser un peu plus chaque jour (rien à voir avec cette langue horrible qu'est l'anglais américain, pardon, je retire!). C'est drôle car à Madrid, il y a eu des moments où j'ai pu être en "saturation" avec cette langue. Je n'avais qu'une envie: un peu de silence. Ici, cela ne m'est pour le moment jamais arrivé. L'accent me semble plus doux. Traduction de cet amour passionné avec la langue de Borges: beaucoup, beaucoup, beaucoup de parlotage ( Bérénice l'autre jour m'a dit que je parlais trooooooooooooooooooop!). Mais je vous rassure, heureusement, ici aussi les argentins ont la langue bien pendues, j'ai donc trouvé des compagnons idéaux!

En fait j'aime tellement cette ville que le simple fait d'être en partiel et d'être un tant soit peu obligée de rester cloitrée me frustre au plus haut point. Je suis devenue "Patitas calientes" comme dirait Mariu! J'aimerais pouvoir me promener, prendre des photos, parcourir encore et encore les parallèles du port...mais je suis prisonière des partiels. Malditos examenes...Alors il m'arrive de m'échapper des théories politiques, du péronisme et autres essais en me projetant déjà dans mon grand voyage, je voyage dans ma tête et dans mon fauteuil en attendant les vacances! Histoire d'agémenter un peu cet article, je vous sors donc une vieille photo:



Cloitrée, tout est relatif. Je sors, mais le soir! Je sors beaucoup avec Katrien et ses amis, qui sont devenus un peu les miens aussi. Je me sens bien avec ce petit groupe. Dimanche dernier, Katrien avait invité à la Casita Araoz deux amis, Caroline et Cor et on a passé l'aprèm à manger des frites BELGES sur la terrasse. Je crois n'avoir JAMAIS manger de frites aussi bonnes. Les joies de vivre avec le lobby flamand en Argentine! En fait, ce que j'aime aussi à la Casita Araoz, c'est qu'il y a toujours du monde à la maison. Non pas que notre maison soit un hotel, mais il est vrai que l'on reçoit quand même pas mal! Mirjam, la hollandaise amie de Mariu qui finissait son tour du monde à Buenos Aires; Signe l'amie norvégienne qui entame un voyage dans le nord de l'Argentine et qui a besoin d'un logement pour quelques temps; Christophe qui se retrouve à la rue pour un soir...Il y a toujours du monde et l'appartement est vraiment "buena onda". J'aime la Casita Araoz.

Bon, je retourne aux révisions, je vous écrirai plus longuement plus tard.

Amis lyonnais, je pense bien à vous, je crois bien que nous sommes maintenant tous arrivés dans nos destinations respectives. A l'instar de Victor, qui le fait si bien ici, j'invite tout le monde, lyonnais et non lyonnais, à aller jeter un coup d'oeil à leurs récits de voyage. A défaut des issues de secours d'un avion qui vous emmenerait vers des destinations exotiques, ici, ce sont les blogs qui se trouve sur votre droite, ou comment voyager depuis l'écran de vos ordinateurs!

Je vous embrasse!